On a Coconut Island

1936 Manouche swing Swing 1 grille

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À propos de ce morceau

On a Coconut Island est une chanson populaire hawaïenne écrite et composée par Robert Alexander "R. Alex" Anderson en 1936. Elle appartient à la tradition hapa haole, qui associe des influences musicales hawaïennes, des paroles en anglais et la musique populaire américaine. La chanson évoque une escapade romantique sur une île tropicale, où deux amoureux pourraient oublier les préoccupations de la vie quotidienne. Son caractère léger et sa mélodie mémorable convenaient particulièrement aux ensembles hawaïens et aux orchestres de danse des années 1930.

Aucun enregistrement confirmé d'On a Coconut Island par Django Reinhardt n'est connu. La composition possède néanmoins un lien important avec le jazz grâce à Louis Armstrong, qui l'enregistra avec The Polynesians à Los Angeles le 18 août 1936. Cette séance réunissait la trompette et le chant d'Armstrong avec la guitare steel hawaïenne, des guitares acoustiques, une contrebasse et des percussions jazz. Parmi les musiciens figurait également Lionel Hampton à la batterie et au vibraphone, créant une rencontre inhabituelle entre musique populaire hawaïenne et jazz américain.

Musicalement, On a Coconut Island associe une mélodie détendue et doucement balancée au rythme de la musique de danse populaire de l'époque. Les catalogues de partitions contemporains la désignent comme un foxtrot, tandis que les enregistrements hawaïens mettent en valeur sa chaleur mélodique et son atmosphère tropicale. Son harmonie accessible soutient une mélodie vocale claire, laissant de l'espace aux réponses instrumentales et aux variations. Les sonorités contrastées de la guitare steel, de l'ukulélé, des guitares acoustiques et de la trompette d'Armstrong montrent comment différents ensembles pouvaient donner une personnalité particulière à la même composition.

Pour les musiciens de jazz manouche, On a Coconut Island constitue un lien intéressant entre les traditions acoustiques à cordes d'Hawaï et le swing européen. Bien qu'il ne s'agisse pas d'une composition manouche originale, sa mélodie et son rythme dansant peuvent être adaptés à la guitare, à l'ukulélé, au cavaquinho ou au violon. Un arrangement acoustique accompagné par la pompe pourrait intégrer la chanson au répertoire manouche tout en conservant certains éléments de son caractère hawaïen. L'enregistrement d'Armstrong offre également un bel exemple de réinterprétation jazzistique d'une mélodie issue d'une autre tradition musicale.

Quelques anecdotes :

  • L'un des premiers enregistrements documentés fut réalisé par Andy Iona and His Islanders le 25 avril 1936. Publié sur Columbia 3132-D, il est conservé dans la collection musicale hawaïenne de l'University of Hawaiʻi at Mānoa.
  • Ray Kinney et Dick McIntire's Harmony Hawaiians enregistrèrent la chanson le 1er mai 1936, témoignant de sa diffusion rapide parmi les ensembles de musique hawaïenne.
  • Guy Lombardo and His Royal Canadians enregistrèrent une interprétation de foxtrot le 2 juillet 1936. Publiée sur Victor 25358, elle contribua à faire entrer la composition dans le répertoire des orchestres de danse américains.
  • Louis Armstrong enregistra "On a Cocoanut Island" le 18 août 1936 pour Decca 914, accompagné notamment du guitariste steel Sam Koki, des guitaristes George Archer et Harry Baty, du contrebassiste Joe Nawahi et du musicien de jazz Lionel Hampton.
  • Certaines discographies anciennes mentionnent également Andy Iona parmi les participants à la séance d'Armstrong. La discographie spécialisée de Mosaic Records remet cependant explicitement cette identification en question et distingue cette séance des enregistrements ultérieurs d'Armstrong avec Iona.
  • La partition originale fut publiée en 1936 à New York par Donaldson, Douglas & Gumble. Elle comportait des diagrammes d'accords pour ukulélé et une photographie du chef d'orchestre Henry Busse sur sa couverture, montrant l'intérêt suscité par la chanson au-delà de la scène hawaïenne.
  • Anderson utilisa des rimes internes ingénieuses, rapprochant les sonorités du mot "island" de celles d'autres expressions dans les vers suivants. Ce procédé contribue au caractère léger et enjoué des paroles.

On a Coconut Island évoque une période fascinante où la musique populaire hawaïenne et le jazz américain touchaient des publics bien au-delà de leurs communautés d'origine. Des premiers ensembles hawaïens à l'interprétation singulière de Louis Armstrong, cette chanson montre comment une mélodie séduisante peut franchir les frontières musicales. Elle reste aujourd'hui un choix intéressant pour les musiciens souhaitant explorer les possibilités communes de l'ukulélé, de la guitare acoustique, du swing et de la chanson hawaïenne.

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